au commencement des << sixties >>
les pieds-noirs quittent le navire
c'est la guerre d'algerie et son festival
et son lot de discriminations
d'exactions tout un ramassis d'ordures
quelques degres au nord de l'equateur
je quitte l'algerie francaise
un pincement dans le coeur
gangrene du corps par la misere du maghreb
par les meurtres les soirs de couvre-feu
par la peur du soldat francais qui ouvre le feu
ouvre les voiles petit paquebot liberateur
emmenes-moi au pays des employeurs
loin de l'inactivite beur algeroise
loin de ceux qui transforment nos mosquees en paroisses
basilique de notre-dame d'afrique
s'eloigne de mon regard lorsque les mouchoirs s'agitent
verse une larme dans la mediterranee
une goutte d'eau dans la mer contient la peine de ma terre damnee
citee phoceenne un etranger parmi les autochtones
direction saint charles gare ferroviaire
croise le regard des ilotiers
me foudroyant le coeur comme un tir de mortier
recoit la fleche de la haine par les appeles du << contingent >>
tes papiers! - je suis francais missieur l'agent "