marquises

jaar, nicolas

ils parlent de la mort comme tu parles d'un fruit

ils regardent la mer comme tu regardes un puits

les femmes sont lascives au soleil redoute

et s'il n'y a pas d'hiver

cela n'est pas l'ete

la pluie est traversiere

elle bat de grain en grain

quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent gauguin

et par manque de brise

le temps s'immobilise

aux marquises

du soir

montent des feux et des points de silence

qui vont s'elargissant

et la lune s'avance

et la mer se dechire

infiniment brisee

par des rochers qui prirent des prenoms affoles

et puis

plus loin

des chiens

des chants de repentance

et quelques pas de deux et quelques pas de danse

et la nuit est soumise et l'alize se brise

aux marquises

le rire est dans le coeur

le mot dans le regard

le coeur est voyageur

l'avenir est au hasard

et passent des cocotiers qui ecrivent des chants d'amour

que les soeurs d'alentour ignorent d'ignorer

les pirogues s'en vont

les pirogues s'en viennent

et mes souvenirs deviennent ce que les vieux en font

veux-tu que je te dise: gemir n'est pas de mise

aux marquises